Arlette Laguiller avait rendez-vous à Nice avec ses sympathisants le 18 février. Elle est arrivée sans strass ni paillette dans la ville du grand capital en marge du carnaval de Nice.
Isabelle Bonnet, représentante de Lutte Ouvrière a d'abord pris la parole sur un air depolémique car selon ses constatations le préfet des Alpes Maritimes a eu moins de difficulté à loger les délégations présentes au sommet franco-africain de Cannes que les SDF qui dorment encore sous leurs toiles de tentedepuis des mois.Elle n'a pas non plus hésité à ironiser sur le fait que
« ce même Peyrat qui fait la guerre aux SDF aujourd’hui, n’a pas manqué d’ouvrir le dernier conseil municipal par une minute de silence à la mémoire… de l’Abbé Pierre ! Il n’a vraiment honte
de rien. »
Isabelle Bonnet qui sera sans doute proposée pour prendre la suite d'Arlette Laguiller a déjà un discours très engagé. Certaines entreprises de Carros et plus particulièrement leurs patrons sont montrés du doigt: Paindor qui ne respecte pas le temps de repos nécessaire à un ouvrier normalement constitué, mais aussi Promodo et la Blanchisserie Elis sont épinglés pour des pratiques salariales honteuses. Issue du corps enseignant, Isabelle Bonnet s'est insurgée contre le prix des repas dans les cantines de Nice: une double tarification est en vigueur 2,33 euros pour les enfants niçois et 6,08 pour les enfants qui viennent d'autres communes alors que
« certaines communes de région parisienne ont montré que des cantines gratuites, c’était possible. »
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Vint ensuite le discours d'Arlette Laguiller qu'elle démarra bien sûr par son fidèle « travailleurs, travailleuses » auquel elle ajouta aussi « camarades et amis.. » Un de ses principal argument fut de démontrer comment les entreprises du CAC 40 avait eu l'insolence de publier le montant des profits réalisés soit 74 milliards d'euros. Elle voulut se démarquer de Ségolène Royal en proposant une augmentation de 300 euros sur chaque salaire. Avec humour, elle a critiqué « les emplois tremplins pour les jeunes » de Ségolène Royal en ponctuant d'un «où va donc tomber le jeune après avoir sauté de ce tremplin là? ».
Quant à Sarkozy, il n'a pas été épargné par Mme Laguiller: « ce sera en pire, la même politique que pendant les cinq ans écoulés. » Elle a aussi rappelé les bénéfices de Total et les catastrophes comme l'Erika ou l'explosion d'AZF à Toulouse dont Total est selon elle responsable. Elle a insisté pour dire que les collectivités doivent pouvoir contrôler les comptabilité au jour le jour de grandes sociétés « mais aussi les compte en banque de leurs dirigeants, de leurs principaux actionnaires et de leurs proches. »
Elle s'inscrit dans la démarche l'abbé Pierre demandant que l'Etat prenne en charge un vaste programme de construction sans passer par les « bétonneurs à la Bouygues ». Arlette Laguiller déclara ensuite qu'elle savait qu'elle ne pourrait pas être élue, cependant elle se tiendrait prête à l'écoute des mouvements sociaux pour être là, disponible si la Rue avait besoin d'Arlette Laguiller pour la représenter. Arlette Laguiller n'a pas eu envie de faire campagne avec les groupements d'Extrême Gauche car pour elle Marie-George Buffet est trop proche du PS , Bové n'a « jamais défendu les travailleurs » et Olivier Besancenot n'a réussi qu'à diviser la LCR.
Arlette Laguiller a demandé au public présent de voter pour elle au premier tour car le premier vote est un vote de conviction et le deuxième tour est souvent un vote par élimination.
La réunion publique s'est terminée le poing levé en chantant l'Internationale !
Bon ça c'était mon article pour le journal, mais on m'en a coupé la moitié au montage...pas grave moi j'y étais et c'était bien. C'était surtout intéressant de découvrir une bonne femme posée et humaine qui ne hurle pas comme on voit à la télé. J'étais surtout chagrinée de ne pas avoir eu plus de discernement et d'avoir cru qu'Arlette était une machine à vociférer telle qu'on nous la montre à la télé. Mais, même si elle m'est apparu sympathique et profondément orientée vers les autres je n'ai pas adhéré à la partie révolutionnaire. C'est pourtant bizarre comme sensation, on se retrouve confronté à notre petit confort qu'il faut à tout prix sauvegarder alors qu'on sait bien qu'il faudrait une bonne révolution pour tout changer. On n'est pas prêts Arlette même si on sait que tu as sûrement raison!
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